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J’ai quel type de diabète ? 1 ou 2 ?

6 mai 2024 | Diabète

Le diabète n’est pas qu’une maladie mais regroupe un groupe de maladies métaboliques caractérisées par un taux de glucose trop important dans le sang de manière chronique. Cette hyperglycémie résulte d’un défaut de sécrétion d’insuline et/ou de résistance à l’insuline.

Si l’on trouve la première description des symptômes présentés par des patients diabétiques chez les Egyptiens aux alentours de 1550 av J.-C., il faudra toutefois attendre la fin du 19ème siècle pour voir apparaître une définition assez claire de deux types de diabète. Dans la première, on trouve des patients jeunes, minces avec des valeurs tensionnelles normales et un début brutal des symptômes. Dans la deuxième au contraire, les patients sont plus âgés, obèses, hypertendus et présentent une apparition de la maladie de manière plus aléatoire.

L’American Diabetes Association (ADA) propose une classification étiologique du diabète qui comporte quatre catégories : diabète de type 1, diabète de type 2, diabètes spécifiques et diabète gestationnel (le diabète durant la grossesse).

On distingue principalement deux types de diabète : le diabète de type 1 qui touche environ 6% des diabétiques et le diabète de type 2 qui en touche 92 %. Les autres types de diabète concernent les 2 % restants (MODY, LADA ou diabète secondaire à certaines maladies ou prises de médicaments).

Il est important de savoir que le diabète de type 2 n’apparaît pas forcément que chez les personnes âgées qui sont gros et qui mangent trop de sucre. Ce cliché perdure depuis des années alors que le diabète de type 2 peut se retrouver chez des personnes encore jeunes, qui dorment mal ou qui ont des carences (vitamine D, magnésium notamment) ou encore un manque d’activité physique…

Voilà les deux principales catégories de diabète :

Extrait du livre: Le diabète c’est quoi ? Edition « Les quésakos de la santé et du bien-être »

Formes particulières de diabète :

 

LADA (Latent Autoimmune Diabetes in Adults)

Le LADA représenterait jusqu’à 10 % des diabètes apparemment de type 2. Le diabète LADA est souvent confondus avec un diabète de type 2 car il se définit généralement par l’apparition d’un diabète à l’âge adulte. Or c’est un diabète qui détruit les cellules du pancréas (comme le diabète de type 1). Dans l’évolution de la maladie, on constate une diminution progressive de la sécrétion d’insuline (environ 50% des patients deviennent insulinodépendants à six ans et la quasi-totalité à douze ans utilisent l’insuline).
Pour confirmer ce diagnostic un peu particulier : il est nécessaire d’effectuer un dosage des anticorps dirigés contre le pancréas, plus spécifiquement les anticorps anti-GAD (glutamic acid decarboxylase) et anti-IA-2 (protein tyrosine phosphatase IA2).

En fonction des capacités insuliniques, un traitement par médicament peut être proposé au départ. Cependant, une introduction précoce d’insuline pourrait avoir une fonction protectrice sur la cellule ß et ainsi être préférée. C’est pourquoi il est important d’avoir le bon diagnostic de manière précoce.
Ce diabète est ainsi généralement caractérisé par l’absence de surpoids, l’absence d’antécédents familiaux de diabète de type 2 et par la présence d’autoanticorps anti-IA2 et/ou anti-GAD.

MODY (Maturity Onset Diabetes of the Young)

Le diabète MODY regroupe des diabètes hétérogènes caractérisés par une dysfonction de la sécrétion d’insuline. Ce sont des maladies héréditaires (plusieurs générations atteintes et 50% des membres de la famille atteints) qui apparaissent  avant l’âge de 25 ans. Ce type de diabète est de type non insulino-dépendant généralement durant les premières années suivant le diagnostic.

Il existe à l’heure actuelle sept formes de MODY identifiées avec un déficit spécifique.

Diabètes secondaires

Il s’agit des diabètes secondaires à des maladies du pancréas (pancréatite chronique calcifiante notamment), à l’hémochromatose et à la mucoviscidose, aux endocrinopathies ou à la suite de prise chronique de certains médicaments (notamment la prise de corticoïdes).

Diabète gestationnel

Ce type de diabète appellé également « diabète de la grossesse » apparaît durant la grossesse et disparaît après l’accouchement.
Selon l’enquête nationale périnatale 2021, la fréquence du diabète gestationnel a augmenté passant de 10,8 % en 2016 à 16,4 % en 2021. Cette augmentation est en partie liée à une meilleure détection mais aussi à la présence plus fréquente chez la mère de facteurs de risque (âge, surpoids, etc.)

 

Et chez les enfants ?

De plus en plus de jeunes voire de très jeunes sont touchés par le diabète.

Le diabète de type 1 est le type le plus fréquent chez l’enfant, et représente les deux tiers des nouveaux cas chez les enfants dans le monde. C’est l’une des maladies chroniques les plus fréquentes de l’enfance. Le nombre de cas a récemment augmenté, en particulier chez les enfants de moins de  5 ans. Bien que le type 1 puisse apparaître à n’importe quel âge, il se manifeste typiquement entre 4 et 6 ans ou entre 10 et 14 ans.
Les enfants qui ont un diabète de type 1 sont plus à risque d’autres maladies auto-immunes, en particulier de maladies de la thyroïde et de maladie coeliaque.
Ce type de diabète est découvert lorsque l’enfant boit énormément, urine beaucoup même la nuit, se fatigue, perd du poids, parfois il a une vision floue ou des nausées.

Le diabète de type 2, autrefois rare chez l’enfant, est de plus en plus fréquent. Cela concorde avec l’augmentation de l’obésité infantile. Il se manifeste généralement après la puberté, avec une prédominance entre 15 ans et 19 ans. La malbouffe, la consommation de sodas et de sucreries participent à cette augmentation des cas. La découverte de ce type de diabète est plus aléatoire car il n’y a pas forcément de symptôme. Il est parfois judicieux chez les enfants en surpoids de faire une prise de sang pour savoir si la glycémie à jeun est normale.

Test pour l’orientation du type de diabète

Il existe à ce jour plus d’une dizaine d’anticorps identifiés comme marqueur d’auto-immunité dans le diabète de type 1. Parmi ceux-ci, quatre ont pris une place prépondérante en pratique clinique : les anti-ICA (Islet cell autoantibodies), les anti-IA-2 (protein tyrosine phosphatase IA-2), les anti-IAA (insulin autoantibodies), et les anti-GAD (glutamic acid decarboxylase).

Les anti-ICA sont présents chez plus de 70% des nouveaux diabétiques de type 1 et possèdent une valeur prédictive élevée (60 à 80%) chez les personnes apparentées au premier degré de patients diabétiques de type 1 en cas de titre élevé (> 80 U-JDF). Cet anticorps disparaît avec l’évolution de la maladie et n’est présent que chez 5 à 10% des diabétiques de type 1 dix ans après le diagnostic.

Les anti-GAD sont de bons marqueurs pour le dépistage des sujets à risque, surtout en association avec les anti-ICA et possèdent une sensibilité de l’ordre de 90%. On les retrouve chez 50 à 80% des diabétiques de type 1 au moment du diagnostic.

Les anti-IA-2 sont présents chez 55 à 75% des personnes récemment diagnostiquées. Leur intérêt réside essentiellement comme marqueur d’une évolution rapide vers un diabète de type 1 avec une valeur prédictive positive dans les populations à risque de 75 à 100%.

Les anti-IAA ne sont présents que dans 30 à 40% des nouveaux cas de diabète de type 1 et leur dosage doit être réalisé avant toute insulinothérapie. Un patient traité par insuline peut développer des anti-IAA ne permettant plus une interprétation correcte du dosage de cet anticorps.

La recherche des anticorps dirigés contre le pancréas permet de confirmer le diagnostic de diabète de type 1 et pourrait également avoir un rôle dans le dépistage précoce du diabète de type 1 bien qu’il n’y ait actuellement pas de consensus dans cette indication.

Tests d’évaluation de l’insulinosécrétion

Il existe plusieurs tests pour évaluer l’insulinosensibilité et la sécrétion d’insuline qui peuvent, dans certaines conditions, orienter le médecin dans le choix du traitement hypoglycémiant adapté.

La méthode HOMA (homeostasis model assessment) (indice HOMA-IR) est à l’heure actuelle le moyen le plus utilisé et le mieux validé pour l’évaluation de l’insulinosensibilité.

HOMA= Glycémie à jeun (mmol/L) x Insulinémie à jeun (mui/mL)/22.5.

D’autres modélisations mathématiques utilisant les mêmes paramètres ont donné naissance à de nouveaux indices tel le QUICKI (Quantitative insulin sensitivity check index) mais qui n’apportent pas de réels avantages par rapport au HOMA.

Un indice HOMA supérieur à 2,4 montre l’existence d’une insulinorésistance.

Cet indice permet ainsi de mettre en évidence une insulinorésistance et aide à prévenir  l’apparition du diabète.

 

Références :

-https://www.revmed.ch/revue-medicale-suisse/2009/revue-medicale-suisse-206/diabete-de-type-1-ou-2-ou-autre
-https://www.frequencemedicale.com/generaliste/actualites/10828-LADA-quelle-place-par-rapport-aux-autres-diabetes
-https://www.sfendocrino.org
-https://www.ameli.fr/assure/sante/devenir-parent/grossesse/difficultes-et-maladies-pendant-la-grossesse/diabete-gestationnel/definition-facteurs-risque-consequences

 

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